Commencer sa journée avec l’office des Laudes, voir l’aube doucement pointer son nez lors d’une messe... //Quelle idée ?// Mais c’est sans compter sur la discrète beauté de l’architecture de Notre Dame de Sénanque, fière abbaye du Vaucluse, et de celle ses vitraux distribuant une incroyable lumière crépusculaire sur ses murs de pierre nue.   //Quelle riche idée !//

Ces vitraux, d'une grande simplicité, comme un voile tendu entre l’extérieur et l’intérieur réservé au recueillement et à la liturgie, sont l’œuvre du peintre verrier Louis-René Petit. Aboutissement d’une mûre réflexion avec la communauté monastique, ce travail de création est issu de techniques à la fois anciennes et modernes, où rigueur et liberté se côtoient. Entre brillance et matité, opalescence et accents colorés furtifs, ces verres sont le résultat d’une mise en oeuvre par cueillage successif de plaques de verres de pigmentation diverses en fusion.

Après être sorti du four d’étendrie, servant à aplanir le verre soufflé par le verrier, plusieurs procédés de surcuisson et de gravure à l’acide permettent le libre déploiement de la couleur alors dissociée du graphisme du plomb.

Tous ces matins conscients de la lumière du pays, seraient une réponse quotidienne au souhait du créateur: « Le vitrail vise la pérennité, tandis que les hommes et leurs goûts changent rapidement ».